Yann, la classe en Harley Davidson

Yann, c’est un gars un peu particulier. Coiffeur à domicile pour trentenaires pressés, pour ceux qui ont peu de temps pour s’occuper de leurs cheveux, voir certaines mauvaises langues diraient celles qui sont seules chez elles. Rien de spécial, sauf que sa passion, c’est les Harley Davidson.

Tu l’auras compris, Yann a mauvais goût, mais parlons un peu de ce qui l’a rendu accro à ces motos sono propulsées.

La moto, une tare héréditaire ?

En le rencontrant on note le style, impossible de ne pas remarquer le détail dans sa tenue et le soin qu’il apporte à ses vêtements. Normal pour un coiffeur, le métier veut ça, cependant c’est beaucoup plus cool quand ce style est tourné façon biker Américain, sans pour autant tomber dans le bof. Hipster qui suit la mode ? Pas vraiment.

Motard sur le papier depuis deux ans, il l’est dans l’âme depuis gamin. Mais qui a bien pu lui refiler cette sale habitude ? Principalement son père, ses oncles et l’ensemble de sa famille qui roulent en … Sportive ! Si sa passion de la moto lui a bien été transmise par ses proches, ce n’est pas le cas de celle des Harleys. Les HD ne semblent pas se léguer de Pere en Fils, il va falloir chercher plus loin.

Des paroles, des paroles, des paroles …. ou pas.

Pour l’achat de sa Harley, Yann a attendu d’avoir une vie stable. Un peu posé et un travail à 15 min, contrairement à d’autres qui achètent une moto pour réaliser un projet, comme aller au boulot. Notre Biker, lui, a choisi de s’en acheter une par passion, uniquement pour l’objet et les sensations qu’elle procure.

Du rêve dans les yeux, et de l’argent dans les mains, il est allé voir une auto-école pour obtenir son accès aux routes. Le passage du permis lui a laissé un souvenir assez cool, malgré un formateur ni diplomate ni pédagogue. Changer d’auto-école ? Très peu pour lui, il a préféré se sortir les doigts et aller de l’avant. À l’américaine donc.

Le permis en poche, il va vivre sa pire expérience en bécane. Ce qui pour la plupart est le plus beau jour de leur vie, acheter sa moto. L’achat en lui même n’a pas posé de soucis, mais les premiers mètres sur la route pavée du rond-point de l’étoile en pleine heure de pointe … aie aie aie … plus d’un ont reposé le deux roues pour moins que ça.

Savoir apprécier les choses simples

Heureusement, les bikers ont la peau dure, et il en fallait plus que ça pour l’empêcher de continuer son rêve. Moto au garage, il l’utilise principalement pour des trajets urbains quotidiens et des petites balades. Le grand roadtrip ? Pas pour lui, rien ne vaut une utilisation régulière, durant lesquelles on peut savourer l’engin.

D’ailleurs ce qui lui plaît dans son tromblon c’est les vibrations, le couple généreux qui te catapulte, un sentiment de liberté décuplé par le contact avec l’environnement et la proximité avec la route. Normal quand tu sais qu’il roule en Harley 883 R, connu pour son gros moteur en V, sa position rabaissée et sa prise au vent façon drapeau.

Toujours dans cet esprit, son kiff c’est une balade le long du bord de marne en été. Pas de voiture, suivre l’eau, rouler à la cool sous un beau soleil.

Il a quand même fait quelques roadtrips, son plus beau souvenir reste une rando en été pour rejoindre le centre de la France, par 6h de routes et de paysages. Comme Yann fait ses expériences pour les sensations il l’a bien sûr fait avec une carte papier, old school.

Et ne pas rester fixer sur les mauvaises

Il lui est arrivé quelques mauvais jours. De gros intempéries, des conducteurs négligents, voir même un taxi qui lui a grillé un feu vert. Malgré le fait que sa moto soit tombée ce jour-là, il a su entamer une discussion franche avec le chauffeur, qui s’est finie par une très cordiale poignée de main au niveau du visage.

Un motard en carton ?

Tu sais, quand je parle avec ce gars au début je me moquais souvent. Un type qui achète une bécane pour la regarder, un poseur qui roule d’un café a l’autre, qui déteste les grands voyages.

Aujourd’hui, je vois un gosse qui n’a jamais abandonné son rêve de Batmoto. Qui ne fait aucune concession dans sa vision de la meule. Qui préfère mettre son confort et la praticité de côté plutôt que d’éloigner sa bécane de son esprit premier.

Je vois un motard, un vrai, qui ne roule pas pour rouler, et qui se rapproche probablement du plus authentique des bikers.

Si tu veux discuter Harley, demande-lui une petite coupe de cheveux façon 50’s, il t’en parlera mieux que moi.

Profil de Max

Auteur : Max

Pilote : Yann

Photos : Crystal