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Retour au source pour Pilote de ligne Droite

Tu as peut être remarqué qu’après un rythme effréné d’un article par semaine, plus rien n’a été publié sur Pilote de ligne Droite depuis fin janvier.

Nada, que dalle , que pouic … le vide quoi

Accident grave ? Amour déchu ? Conversion honteuse au scooter ?

Rien d’aussi terrible rassure toi !

Cependant ce n’est pas rose pour autant. En fin janvier j’ai ressenti un vrai dégout suite à la répression routière (toujours et encore) et aux méthodes employées par le gouvernement. La peur de rencontrer une foule de radars, fixes, mobiles, en voitures privées …

Pourchassé jusque dans Paris, qui traque les bécanes garées hors des introuvables parkings motos afin de les envoyer à la fourrière, (vécu) sans ce soucier de vous plier le guidon en « V » au passage.

Le maca(c)ron qui jette nos magnifiques anciennes a la poubelle, a coté de Hummer flambants neufs qui parcours paris en crachant leurs volutes de pollution.

N’hésite pas à consulter les articles dessus pour constater à quelle point notre dernière liberté, celle de circuler, recule de jours en jours.

Défenseurs de nos libertés ouverts au dialogue ...

Ajoutes à ça l’arrivé des 80 Km/h, ça a été la goutte d’eau. Je n’avais plus la foi de t’écrire dans Pilote de ligne Droite à quel point parcourir les routes d’un pays aussi magnifique que la France est une aventure fantastique, lorsque moi même je vivais la peur au ventre, que ce soit en roulant ou en étant garé.

Bref tu l’auras compris … il me fallait une pause.

Alors t’as raccroché les gants aussi vite ? Bravo le passionné !

La aussi tu peux te rassurer, j’ai continué à rouler. D’ailleurs un petit article sur les Cévennes est dans les tuyaux, un bon millier de kilomètres, tu m’en diras des nouvelles.

Mais neufs mois, c’est long pour une pause ! Il y a une raison qui explique ça, c’est que j’ai tout simplement redirigé mon énergie vers un nouveau projet : une expatriation au Canada !

Et crois moi il en faut de l’énergie pour mener à bien une tache aussi chronophage. . . (administration mon amour). Entre la réflexion sur la destination, les validations administratives, la préparation des examens de langues (aie spik an glish) etc …

La frontière est plutôt dure à passer

Je te vois arriver avec tes gros gaudiots :  » t’en as eu marre de la France, donc tu penses trouver mieux ailleurs ! » et bien la tu as particulièrement … Faux !

La France est réellement un très beau pays, mais j’ai le voyage dans le sang. Je suis arrivé de Nouvelle Calédonie il y a 6 ans, et il est temps pour moi de reprendre la route vers de nouvelles aventures.

Mais trêve de bavardages, mes pérégrinations ne t’intéressent probablement pas (ah si ? Bin justement je suis en train de monter un site dessus : « Taille la route » (pas terminé) on s’en reparle plus tard).

Alors Pilote de ligne Droite, c’est fini ? On s’arrête la ?

Bien sur que …. NON ! Déjà le départ ne se fera pas avant un certains nombre d’années (tenu secret), ça nous laisse encore pas mal de temps pour explorer le pays (et avoir des emmerdes !) ensemble.

Merci encore de nous suivre ! Et heureux d’être de retour !

Profil de Max

Auteur : Max

Vidéo :

Photos : 1.libre de droit / 2. tout droits réservés

Mon entrée dans les statistiques

Quand tu passes ton permis, on te promet la chute, comme une malédiction, une fatalité inéluctable. Mais « on » est un con, et ses potes avec. Toi tu fais gaffe, tu roules doucement, tu respectes même les zones à 30 km/h dans Paris c’est pour dire !

Coup de tête à droite et à gauche au feu vert et ralentissement avant le haut des côtes. Bref tu as fait plus que passer ton permis, tu l’as assimilé et compris. BRAVO !

J’étais comme toi aussi, je faisais ultra gaffe, moi dans les statistiques ? JAMAIS ! Manque de bol ce matin-là on ne m’a pas demandé mon avis.

Un matin comme un autre

7h00, je monte sur ma shadow, une bonne bécane coupleuse mais bien lourde et sans ABS. Il pleuviotte légèrement, pas de quoi fouetter un chat.

Je sors de ma place de stationnement et rentre dans la circulation sur une rue à double sens. Devant moi cinq voitures à l’arrêt au feu rouge, clignotant, je double pour me rapprocher du feu. Je suis à 7 m de ma place de parking à 30 km/h.

Ou presque …

La, entre deux voitures à l’arrêt, sort brusquement d’un parking souterrain une 206 CC sport qui tente de passer d’un coup dans la voie en contre sens.

Le temps s’interrompt. À ma droite la file de voitures à l’arrêt, devant moi la 206 en travers de la route, à ma gauche des voitures en stationnement, sous moi … la route trempée. Une pensée instantanée … « fait chier ».

Tout va très vite, j’agrippe les freins, pas d’ABS, la moto tombe, glisse, tape la portière. Je gueule des insultes à n’en plus finir, regarde le ciel gris au travers de ma roue avant. J’ai vaguement mal à la main et au flanc gauche.

La conductrice sort de sa voiture et s’évanouit. Ma femme qui m’entend depuis l’appartement descend en courant. Le temps s’allonge, le gris maussade est de plus en plus insistant. Trois motards s’arrêtent et me déplacent sur le trottoir avec la moto. Je lance quelques blagues, honnêtement ce n’est pas si grave la bécane à l’air en forme et j’ai un peu mal à la main, au ventre et je suis bien sonné.

Pin pon pin pon

Arrivent les pompiers et les policiers. Montez dans le camion. Là je commence à retrouver mes esprits et comprends que ma main me fait mal. Très mal. Ne bougez pas j’enlève le gant. L’odeur du sang et la vue de mon auriculaire, c’est moi qui manque de m’évanouir. Mon flanc se rappelle a mon souvenir aussi.

On arrive à l’Hôpital. Chariot, radio, attente. Le flanc va bien, ouf ! Juste un énorme hématome. La main ? Fracture de l’articulation, fracture du métacarpe, fracture ouverte entre les doigts. Un peu plus et le doigt tombait. Heureusement que je roulais doucement et avec des gants coqués. Grande aiguille, anesthésie, opération.

Et ils vécurent heureux …

Après 3 jours d’aller-retour à l’hôpital, 6 semaines d’immobilisation et 2 mois de kiné le diagnostic tombe. Handicapé. Pas grand-chose, rien qui ne gêne au niveau de mon travail ou de ma vie de tous les jours. Juste des douleurs dans la main, surtout quand il pleut (quelle ironie), et une perte de 50% de force dans la main gauche. Mais pour toute une vie.

Et la moto dans tout ça ? Trois fois rien, Honda s’y connaît en matos qui dure : cligno gauche pété, réservoir enfoncé, compteur plié dont vitre fissurée.

Une conclusion ? Certains accidents ne s’évitent pas. Un choc n’attend pas que tu sois préparé, il arrive n’importe quel jour. L’enfer c’est les autres. La moto c’est dangereux. Pour tout trajet roulez totalement équipé.

Être motard, c’est un état d’esprit, entre prêts à en payer le prix et continuer à rouler même après.

La moto, une passion comme une autre

Après avoir littéralement détruit toute velléité d’obtenir une moto dans l’article “Dieu que les motards sont cons” je vous propose de vous expliquer pourquoi je suis le plus gros des cons, et peut-être toi aussi demain, qui sait.

La moto, ce passe-muraille

Tout d’abord, il y a des avantages physiques qu’on ne saurait retirer à la moto. Si tu vis en île de France et que tu prends la ligne A ou C ces lignes sont pour toi (spéciale dédicace, si si).

La moto reste LE moyen d’échapper aux embouteillages. Bien entendu, ce n’est pas super agréable de faire 20 min d’interfile, c’est même carrément stressant, mais c’est toujours plus sympa que de faire 3h de bouchon. L’atout n°1 de la moto est donc le gain de temps qu’elle apporte, à la fois pour circuler, mais aussi pour se garer. Un conducteur de BAR peut faire un trajet en 40 min et mettre autant de temps à trouver une place ! Temps que tu consacreras à manger un croissant en l’observant tourner, ce qui est nettement plus sympa.

La voiture du pauvre ?

Et puis toi qui a des moyens un peu modestes, la moto c’est aussi le seul moyen de transport autonome que tu peux te permettre. Car bien qu’elle soit plus chère qu’un pass navigo, elle est moins chère que la voiture en termes de stationnement et d’achat. (En tout cas pour le moment !)

Des atouts très concrets, mais pas de quoi en faire une passion. Celui qui vous dira que la moto c’est génial pour gagner du temps et s’arrête là est probablement un scootériste; il trouve le 2 roues pratique, mais n’en ai pas amoureux (ce qu’on respecte).

Une famille de drogués … de la route

En fait ce moyen de transport autonome c’est la porte sur un monde que tu ne soupçonnais pas, le fait de pouvoir se rendre en pleine forêt en 30 min alors que tu habites en plein centre-ville, de découvrir la France et ses régions durant les w.e, de sentir la route, le vent et les odeurs. De partir en rando motard avec des groupes de personnes que tu ne connais même pas, mais avec qui tu es à l’aise, car vous partagez une passion forte et commune : rouler.

Ils seront d’ailleurs heureux de te saluer lorsqu’ils te voient passer, ou d’un hochement de tête au feu rouge. L’univers de la moto est un monde où chacun doit apprendre à se débrouiller, personne n’aime les canards boiteux ou les geignards, mais c’est aussi une famille qui n’hésitera pas à s’arrêter si tu as un souci et que tu te retrouves en bord de route.

Eh oui, la moto c’est une véritable invitation au voyage, c’est pouvoir rouler pour se vider la tête, voir de la verdure quand tu satures de la ville, c’est aussi ne plus subir l’oppression de la foule. La sirène du métro à 7h du mat pendant que les baffes grésillent un message de problème de transport et qu’un clochard te chante la cucaracha (merci la ligne 6), tout ça très peu pour toi.

Elle te permettra d’ailleurs de t’émanciper des lignes de transport en commun, qui te forcent à prendre un appartement petit et cher. Grâce a ton 2 roues, aucun problème pour aller vivre un peu plus loin, et dans beaucoup plus grand, pour un temps de transport identique.

Une roue dans l’Histoire

Enfin, la moto c’est aussi un moyen de se cultiver, d’aller visiter les monuments (je vous en parlerais sur le site), souvent perdus dans des petites routes à virage, et d’en apprendre plus sur l’histoire de ceux qui étaient là avant toi, et on fait le monde dans lequel tu vis aujourd’hui. C’est aussi participer à des événements, comme le wheels and wave, le moto GP ou encore le moto légend, qui te feront vibrer, et rencontrer d’autres personnes qui, comme toi, rêve des virages en lacet du jura ou des gorges du Verdon.

La moto, pour la moto

C’est peut-être le point le plus évident pour tout motard. La moto c’est le plaisir d’avoir un bel objet, la sensation de vitesse et d’accélération, la sonorité et la vibration qui feront monter l’adrénaline à chaque coup de poignée, tout en restant de la limite de la légalité. En réalité pas besoin d’autres raisons pour aimer la moto plus qu’aucune autre passion.

Convaincu ? Laisse-moi te donner un coup de main via mes articles pour t’éviter de faire les mêmes erreurs de débutant que moi, et profiter un maximum de ta vie de motard ! On commence dans le prochain article en parlant de ton permis moto.

Auteur : Max

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